Article publi-rédactionnel

Représentants du personnel en réunion CSE discutant d'un plan de sauvegarde de l'emploi
Publié le 13 mars 2026

Quand Marie m’a appelée la semaine dernière, elle était complètement perdue. Son entreprise venait d’annoncer un PSE, et la direction lui parlait de 45 000 € d’indemnités. Sa question : « Combien je vais vraiment toucher après les impôts ? » La bonne nouvelle ? Dans le cadre d’un PSE, selon Service-Public.fr, vos indemnités de licenciement sont totalement exonérées d’impôt sur le revenu. Pas de plafond. Pas de calcul complexe. Les équipes de CE Expertises accompagnent chaque année des dizaines de CSE sur ces questions — et la confusion entre régime fiscal et régime social reste la première source d’erreurs.

Ce que vos indemnités PSE rapportent net en 30 secondes :

  • Indemnité légale et conventionnelle = exonérée à 100% d’impôt sur le revenu
  • Indemnité supra-légale PSE = également exonérée sans plafond
  • CSG-CRDS = due sur la fraction excédant l’indemnité légale (9,2%)
  • Système du quotient = à demander uniquement si revenus habituels élevés

Indemnités PSE : le principe d’exonération fiscale

Mes indemnités PSE sont-elles imposables ?

Non. Les indemnités de licenciement versées dans le cadre d’un PSE sont totalement exonérées d’impôt sur le revenu, sans limite de montant, selon l’article 80 duodecies du CGI.

Soyons clairs d’entrée. Le régime fiscal des indemnités PSE est le plus favorable qui existe en droit français. Pas de plafond. Pas de calcul savant. Que vous touchiez 15 000 € ou 150 000 €, le fisc n’en verra pas la couleur. Cette règle vaut pour l’indemnité légale, l’indemnité conventionnelle, et même l’indemnité supra-légale négociée dans l’accord PSE.

Attention toutefois. Cette exonération totale ne concerne que l’impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux (CSG-CRDS) obéissent à des règles différentes — et c’est là que la confusion s’installe. Dans les dossiers PSE que nous accompagnons auprès des CSE, je constate régulièrement que les salariés confondent ces deux régimes. Résultat : ils anticipent un montant net… qui ne correspond pas à la réalité du bulletin de solde tout compte.

48 060

Plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) 2026 — base de calcul de tous les seuils d’exonération

Pourquoi ce chiffre compte ? Parce que d’après le Ministère de l’Économie, le PASS sert de référence pour calculer les plafonds d’exonération sociale. En 2026, il s’élève à 48 060 , soit une hausse de 2% par rapport à 2025. C’est ce montant qui détermine à partir de quel seuil vous paierez des cotisations sociales sur vos indemnités.

Dans le contexte des indemnités de départ après PSE, cette distinction IR/cotisations sociales est fondamentale pour anticiper votre budget réel post-licenciement.

Vérifier le traitement fiscal de vos indemnités reste essentiel avant la déclaration annuelle



Quelles sommes sont exonérées selon leur nature ?

Votre indemnité PSE ressemble souvent à un mille-feuille. Plusieurs couches s’empilent : l’indemnité légale, l’indemnité conventionnelle (si votre convention collective prévoit mieux), et l’indemnité supra-légale négociée dans l’accord PSE. Chaque couche a le même traitement fiscal — mais pas forcément le même traitement social.

L’indemnité légale de licenciement : toujours exonérée

C’est le socle minimum. Tout salarié licencié avec au moins 8 mois d’ancienneté y a droit. Son montant dépend de votre ancienneté et de votre salaire de référence. Pour l’impôt sur le revenu : exonération totale, que vous soyez en PSE ou non. Pour les cotisations sociales : également exonérée dans tous les cas.

Franchement, c’est la seule partie simple à comprendre. Quel que soit le montant, zéro prélèvement. Cette indemnité légale sert aussi de référence pour calculer l’assiette CSG-CRDS sur le reste de vos indemnités.

L’indemnité conventionnelle : exonérée dans les mêmes limites

Votre convention collective prévoit peut-être une indemnité plus généreuse que le minimum légal. Bonne nouvelle : elle bénéficie exactement du même régime fiscal. Dans le cadre d’un PSE, l’exonération d’impôt sur le revenu reste totale, sans plafond.

L’erreur que je vois souvent ? Croire que la partie « conventionnelle » est traitée différemment. Non. Le fisc ne fait pas de distinction entre légale et conventionnelle. Seule compte la nature de l’indemnité : licenciement dans un PSE = exonération totale.

L’indemnité supra-légale : attention aux plafonds

C’est là que ça se complique. L’indemnité supra-légale, c’est la cerise sur le gâteau : tout ce qui dépasse le minimum légal ou conventionnel, négocié dans l’accord PSE. Côté impôt sur le revenu : toujours exonérée sans limite dans le cadre d’un PSE. Mais côté cotisations sociales : des plafonds s’appliquent.

Le récapitulatif ci-dessous croise les deux régimes pour vous donner une vision consolidée. Parce que ce qui compte, au final, c’est le montant net sur votre compte.

Données comparatives récoltées et mises à jour en janvier 2026.

Exonération IR vs cotisations sociales : le vrai calcul pour un PSE
Type d’indemnité Exonération IR Exonération cotisations CSG-CRDS due
Indemnité légale 100% exonérée 100% exonérée Non
Indemnité conventionnelle 100% exonérée Exonérée jusqu’à 2x PASS Sur part > légale
Indemnité supra-légale PSE 100% exonérée Exonérée jusqu’à 2x PASS Sur part > légale
Indemnité transactionnelle 100% exonérée (si PSE) Exonérée jusqu’à 2x PASS Sur part > légale

Bon à savoir : L’exonération sociale est plafonnée à 2 fois le PASS, soit 96 120 en 2026. Au-delà, les cotisations s’appliquent sur le surplus. Mais l’exonération d’impôt sur le revenu reste totale quel que soit le montant.

Les 3 plafonds d’exonération à connaître en 2026

Mon conseil ? Arrêtez de raisonner avec un seul plafond. Il en existe trois, et ils ne s’appliquent pas aux mêmes choses. C’est l’erreur la plus fréquente que je rencontre auprès des élus CSE : ne regarder qu’un seul seuil et oublier les autres.

Les 3 plafonds à retenir pour calculer votre net :

  1. Plafond IR pour les PSE : aucun

    Dans le cadre d’un Plan de Sauvegarde de l’Emploi, l’exonération d’impôt sur le revenu est totale, sans limite de montant. C’est le régime le plus favorable.

  2. Plafond cotisations sociales : 2 fois le PASS (96 120 € en 2026)

    Au-delà de ce seuil, les cotisations patronales et salariales s’appliquent sur le surplus. Ce plafond concerne la partie exonérée de charges, pas l’impôt.

  3. Plafond global pour les non-PSE : 288 360 € (6 fois le PASS)

    Ce plafond ne vous concerne que si vous n’êtes pas dans un PSE. Pour les ruptures conventionnelles ou licenciements individuels, c’est la limite absolue d’exonération.

Le piège du cumul en cas de forte indemnité : Si vos indemnités totales dépassent 96 120 €, vous paierez des cotisations sociales sur le surplus — même si l’impôt sur le revenu reste à zéro. C’est cette différence qui crée l’écart entre le montant brut annoncé et le net réel perçu.

Sur le terrain, la réalité fiscale est souvent mal comprise. J’ai accompagné l’année dernière un CSE d’une entreprise industrielle francilienne en PSE. Les salariés avaient négocié des indemnités supra-légales généreuses — autour de 60 000 € en moyenne. Beaucoup pensaient recevoir ce montant net. La surprise au moment du solde tout compte : la CSG-CRDS avait prélevé plusieurs milliers d’euros sur la fraction excédant l’indemnité légale.

Vérifiez votre solde tout compte en 6 points


  • Le bulletin distingue clairement indemnité légale, conventionnelle et supra-légale

  • Le montant brut avant prélèvements sociaux est indiqué

  • Les lignes CSG (9,2%) et CRDS (0,5%) apparaissent sur la part soumise

  • Aucun prélèvement à la source n’est appliqué (indemnités PSE non imposables)

  • Le cumul avec autres indemnités (congés, RTT) est détaillé séparément

  • La référence à la convention collective appliquée figure sur le document

CE Expertises : un accompagnement pour comprendre vos indemnités PSE

Le problème que je viens de décrire — cette confusion entre exonération fiscale et exonération sociale — explique pourquoi les élus CSE sollicitent un accompagnement externe lors des PSE. Comprendre ce que les salariés vont réellement percevoir fait partie intégrante de la négociation.

CE Expertises intervient exclusivement auprès des Comités Sociaux et Économiques et des organisations syndicales. Cette spécialisation permet une analyse approfondie des volets économiques et sociaux des projets de restructuration. Lors d’un PSE, l’expert-comptable du CSE audite notamment les calculs d’indemnités proposés par l’employeur, vérifie la conformité aux plafonds légaux, et explique aux salariés concernés l’impact réel sur leur situation.

L’expertise économique permet d’éclairer les élus sur les impacts financiers réels du projet



Le décryptage économique réalisé par CE Expertises inclut l’analyse des motifs économiques avancés par la direction, mais aussi l’évaluation des impacts financiers pour chaque catégorie de salariés. Sur la question fiscale spécifiquement, l’équipe peut créer des simulateurs simplifiés présentés en réunion CSE — comme celui que nous avions mis en place pour ce PSE industriel mentionné plus haut.

Conseil terrain : Demandez toujours un décompte détaillé distinguant chaque composante d’indemnité AVANT signature de l’accord. C’est le seul moyen de vérifier que le calcul net est correct — et d’identifier d’éventuelles erreurs avant qu’il ne soit trop tard.

Point important : la mission d’expertise dans le cadre d’un PSE est intégralement financée par l’employeur. Cela signifie que les élus CSE peuvent mandater CE Expertises sans impacter le budget de fonctionnement du Comité. C’est prévu par l’article L2315-80 du Code du travail.

Vos questions sur la fiscalité des indemnités PSE

La CSG sur mes indemnités PSE est-elle déductible de mes impôts ?

Partiellement. Sur les 9,2% de CSG prélevée, 6,8% sont déductibles de votre revenu imposable l’année suivante. Les 2,4% restants (CSG non déductible) et la CRDS (0,5%) ne le sont pas. Concrètement, si vous avez payé 4 000 € de CSG sur vos indemnités, environ 2 960 € seront déductibles de vos revenus imposables lors de votre prochaine déclaration.

Dois-je déclarer mes indemnités PSE même si elles sont exonérées ?

Oui, vous devez les mentionner dans votre déclaration de revenus. Mais elles seront automatiquement déduites de votre revenu imposable si elles correspondent bien à un PSE. Le formulaire 2042 prévoit une ligne spécifique pour les indemnités de licenciement exonérées. En cas de doute, conservez l’accord PSE et votre bulletin de solde tout compte comme justificatifs.

Le système du quotient est-il toujours avantageux ?

Non. Et c’est un conseil contre-intuitif que je donne souvent. Le système du quotient permet de lisser l’imposition d’un revenu exceptionnel sur plusieurs années. Mais si vos revenus habituels sont faibles (tranche marginale à 11% ou 0%), ce mécanisme ne vous apportera rien — voire peut compliquer votre déclaration. Il devient vraiment intéressant si votre tranche marginale habituelle dépasse 30%.

Mon indemnité transactionnelle post-PSE est-elle aussi exonérée ?

Oui, si elle est versée dans le cadre du PSE et vise à réparer un préjudice lié à la perte d’emploi. L’administration fiscale applique le même régime d’exonération que pour les autres indemnités PSE. Attention toutefois : si l’indemnité transactionnelle intervient après un contentieux prud’homal distinct du PSE, le régime peut différer. Conservez tous les documents prouvant le lien avec le PSE.

Mes indemnités PSE impactent-elles mes allocations chômage ?

Pas directement sur le montant, mais sur le délai. France Travail applique un « différé d’indemnisation » calculé en fonction du montant des indemnités supra-légales perçues. Plus elles sont élevées, plus le délai avant le premier versement d’ARE peut être long — jusqu’à 75 jours maximum en 2026. Ce différé s’ajoute au délai de carence classique de 7 jours.

La prochaine étape pour vous

Votre plan d’action immédiat :


  • Demandez un décompte détaillé séparant indemnité légale, conventionnelle et supra-légale

  • Calculez la CSG-CRDS applicable sur la part excédant l’indemnité légale (environ 9,7%)

  • Vérifiez que vos indemnités totales restent sous 96 120 € pour éviter les cotisations sociales supplémentaires

  • Conservez l’accord PSE signé et votre solde tout compte pour la déclaration fiscale

La fiscalité des indemnités PSE reste l’un des sujets les moins bien expliqués par l’administration. Pourtant, avec les bons repères, vous pouvez anticiper précisément ce que vous percevrez net — et négocier en connaissance de cause si les discussions sont encore en cours.

Précisions sur les plafonds fiscaux 2026

  • Les montants et plafonds mentionnés correspondent aux règles en vigueur au 1er janvier 2026 et peuvent évoluer
  • Chaque situation individuelle nécessite une analyse personnalisée selon l’ancienneté, la convention collective et le montant des indemnités
  • Le traitement fiscal peut varier selon la nature exacte des sommes versées et leur qualification juridique

Risques à connaître :

  • Risque de redressement fiscal si qualification erronée des indemnités sur la déclaration
  • Risque de double imposition si mauvaise articulation entre prélèvement à la source et régularisation annuelle
  • Risque de perte d’exonération si dépassement des plafonds cumulés (IR + cotisations sociales)

Pour votre situation particulière, consultez un expert-comptable ou votre centre des impôts.

Rédigé par Sophie Renault, experte-comptable spécialisée dans l'accompagnement des Comités Sociaux et Économiques depuis 2014. Elle a accompagné plus de 80 procédures PSE aux côtés d'élus et d'organisations syndicales, analysant les volets économiques et sociaux des projets de restructuration. Son expertise porte sur l'audit des motifs économiques, la négociation d'accords majoritaires et l'analyse des impacts financiers pour les salariés concernés. Elle intervient régulièrement en formation auprès des élus CSE sur les enjeux fiscaux et sociaux des indemnités de rupture.